Une Réunion de Haut-Niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs se tient ce samedi 17 janvier 2026, à Lomé, au Togo. Désigne médiateur en avril 2025 par l’Union Africaine (UA) dans la résolution de cette crise politico-militaire entre la RDC et le Mouvement M23 soutenu par le Rwanda, Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil a ouvert les travaux des discussions à ce samedi dans la capitale togolaise.

Cette rencontre de haut niveau rassemble le collègue de la médiation autour du médiateur principal de l’Union Africaine, avec la présence effective des parties en conflits, des anciens chefs d’Etat, des représentants des Organisations internationales à l’instar de l’ONU, de l’UA,…
Réunis à Lomé, les participants veulent assumer pleinement leurs responsabilités collectives, selon le Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Cette rencontre de haut niveau intervient à un moment charnière dans la mesure où, un accord de paix a été signé le 4 décembre 2025 aux USA entre les deux parties en conflit, mais malheureusement sur le terrain, la situation sécuritaire est toujours fragile.
Pour le médiateur, ils ne sont plus au temps des diagnostics répétés. Ils ne sont plus au temps des déclarations, qui « se superposent sans toujours se renforcer ».
« La situation en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs nous oblige à la cohérence de l’action. Les efforts récents ont permis de maintenir un espace politique actif.
C’est un acquis important. Mais cet espace doit désormais produire des compromis durables. Des compromis capables de résister au temps, aux chocs, et aux fragilités du contexte régional et international », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, en procédant à l’ouverture des travaux, le Médiateur de l’UA, Faure Essozimna Gnassingbé a partagé avec les participants, quatre messages clairs qui, selon lui, pourraient guider leur travail.
Moment de vérité pour l’action africaine
Son premier message, c’est que cette réunion de haut-niveau à Lomé « est un moment de vérité pour l’action africaine ».
Pour lui, au cours de nos travaux, ils doivent montrer leur capacité à ordonner leurs efforts, à assumer leurs responsabilités et à tenir « un cap commun, même dans un environnement régional fragile, et dans un monde de plus en plus fragmente ».
« L’enjeu est simple, mais exigeant. Lomé ne doit pas être une conférence de plus. Ce doit être un moment de clarification politique. Ce moment engage notre crédibilité collective. Il engage la capacité de notre continent à traiter ses crises les plus complexes avec lucidité, cohérence et constance.
L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix. L’enjeu est donc d’abord celui des conditions d’une paix durable en RDC et dans les Grands Lacs. Il est aussi celui de la maturité politique de l’action africaine face aux défis de sécurité et de stabilité du continent ».
Pas de paix durable en RDC sans davantage de cohérence stratégique

Le deuxième message du Président du Conseil, c’est qu’il n’y aura pas de paix durable en République démocratique du Congo « sans davantage de cohérence stratégique ».
« Il ne suffit pas de proclamer la paix. Il faut la construire dans le temps. Et nous savons qu’elle s’affaiblit lorsque les initiatives se juxtaposent sans coordination. L’expérience récente nous l’a montré : la fragmentation des cadres, des médiations et des initiatives affaiblit la paix plus qu’elle ne la sert ».
D’après le Médiateur, à Lomé, ils ont besoin de réaliser « un saut qualitatif en matière de cohérence. Nous devons faire en sorte que chaque effort contribue à une dynamique commune et non à une dispersion des stratégies ».
Le processus africain unifié
Son troisième message, c’est que le processus africain unifié « doit maintenant devenir pleinement opérationnel ».
« Nous disposons d’un cadre politique clair : le processus africain unifié, placé sous le leadership de la Médiation de l’Union africaine. Mais l’histoire des processus de paix nous enseigne une chose essentielle. Un cadre, aussi pertinent soit-il, n’a de valeur que s’il produit des résultats concrets.
L’enjeu aujourd’hui n’est pas d’inventer quelque chose de nouveau. Il est de faire fonctionner efficacement ce que nous avons déjà décidé ensemble. Avec rigueur. Avec méthode. Et avec constance ».
La paix de sens que si elle est vécue par les populations
Le dernier message de Faure Gnassingbé, c’est que nous devons garder en tête que la paix n’a de sens que si elle est vécue par les populations.
A l’occasion, pour finir, il a insisté sur ce point qualifié « essentiel ». « Derrière nos cadres, nos textes et nos mécanismes, il y a des femmes, des hommes, et des enfants ; des communautés déplacées, privées de sécurité, de soins, d’école et de perspectives.
La paix ne se mesure pas uniquement à la signature d’accords ni à la tenue de réunions. Elle se mesure à la sécurité retrouvée, à l’accès aux services essentiels et au retour progressif de la confiance dans la vie quotidienne ».
Pour le Médiateur de l’UA, dans un processus de paix, les dimensions humanitaires, sociales et économiques ne sont pas périphériques. « Elles en sont le test de crédibilité », a-t-il insisté.

Si les populations ne perçoivent pas d’amélioration concrète de leurs conditions de vie, les accords de paix restent fragiles et les cycles de violence peuvent reprendre. Autrement dit, si la diplomatie se déconnecte de la réalité vécue sur le terrain, alors la paix reste précaire.
Par ailleurs, il a invité les participants à cette Réunion de haut-niveau à garder cette évidence comme « boussole » tout au long de leurs discussions : « la paix que nous cherchons à construire doit être utile, tangible et durable ».
« Elle doit être avant tout au service des femmes, des hommes et des communautés qui subissent les conséquences du conflit. C’est à cette responsabilité collective que la Réunion de haut-niveau de Lomé nous appelle », a conclu Faure Essozimna Gnassingbé.




