22 novembre 2025 (Par @CharlyPoutine). Dans l’arène internationale où la compétition des réputations fait rage, les distinctions honorifiques constituent une diplomatie parallèle subtile. Le récent Doctorat Honoris Causa décerné à Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé par l’Université EISMV de Dakar dépasse le simple fait protocolaire : il consacre une habile stratégie de positionnement régional et dessine les contours d’un leadership africain repensé.
UNE RECONNAISSANCE DANS SON CONTEXTE GÉOPOLITIQUE
Le timing de cette distinction n’est pas anodin. Elle intervient dans un paysage ouest-africain en pleine reconfiguration, où notre pays est positionné, par le leadership du Président du conseil, comme un pilier de stabilité face aux multiples crises régionales, une inspiration forte pour toutes les communautés africaines des sciences et de la recherche, un sujet d’attraction et d’étude.
Loin d’être isolée, cette distinction académique vient couronner une année d’intense activité, tant sur le plan du développement économique que diplomatique.
LE PARCOURS D’UN « HOMME-INSTITUTION »
À y regarder de plus près, cette reconnaissance dépasse la simple personne du président pour sacraliser ce qu’on pourrait appeler « l’institution Gnassingbé ». Le communiqué officiel évoque avec justesse « un leadership basé sur la constance, l’écoute et l’action » – trois piliers soigneusement entretenus d’une image présidentielle travaillée au fil des ans.
Dans l’Afrique contemporaine, la légitimité ne se décrète plus, elle se construit. Et cette construction passe par la reconnaissance par les pairs – qu’ils soient chefs d’État, institutions internationales ou, comme ici, universités.
L’accumulation – ou que dis-je l’alignement – des distinctions, ne citant que celui de Commandeur de l’Ordre international des Palmes académiques du CAMES ou celui du Grand-Cordon du Mérite, n’est pas fortuite. Elle répond à une logique implacable : chaque médaille, chaque titre, participe à tisser la toile d’une légitimité internationale difficilement contestable.
LA DIPLOMATIE DE LA RECONNAISSANCE
Cette distinction relève de ce qu’on pourrait nommer la « diplomatie de la reconnaissance ». Dans un système international où l’image compte autant que la réalité, ces titres honorifiques fonctionnent comme des signaux envoyés à plusieurs audiences :
– En interne, ils renforcent la stature présidentielle et offrent un récit fédérateur à la population ;
– Dans la sous-région, ils positionnent le Togo comme un pôle de stabilité, d’innovation et d’excellence ;
– Sur la scène internationale, ils participent à la construction d’une image de sérieux et de compétence.
Le choix des termes dans le communiqué officiel est révélateur : « détermination tranquille », « lucidité », « vision claire ». Autant d’expressions qui dessinent en creux le portrait d’un leader à l’opposé des stéréotypes autoritaires ou imprévisibles.
VERS UN NOUVEAU RÉCIT NATIONAL ?
Cette distinction s’inscrit dans un projet plus vaste : la construction d’un nouveau récit national pour le Togo. Un récit qui tourne le dos aux années de turbulences pour embrasser l’excellence, la stabilité et la reconnaissance internationale.
La jeunesse togolaise – souvent en quête de modèles – est explicitement interpellée dans le discours accompagnant cette distinction. La fierté nationale autour de cette reconnaissance milite aussi à ancrer l’idée que l’excellence paie et que le mérite est toujours reconnu, tôt ou tard.
PLUS QU’UN TITRE, UN SYMBOLE
Au-delà de l’honneur académique, ce Doctorat Honoris Causa fonctionne comme un marqueur politique. Il valide une stratégie de positionnement régional, consacre une certaine idée du leadership togolais et participe à la construction d’une nouvelle image internationale pour le pays.
Dans la compétition des réputations qui anime l’Afrique contemporaine, le Togo vient de marquer un point. Ce qui est fort évident, c’est que cette reconnaissance académique se traduira par des avancées concrètes, loin d’orner les annales ou comme un simple exercice de communication politique.
Une chose est sûre : dans le grand jeu des influences régionales, chaque reconnaissance compte. Et celle-ci pourrait bien compter double.




