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Togo : le Ministre TCHIAKPE à la rencontre de Tété Azankpo, chirurgien de l’art

Dans l’atelier de Tété Azankpo, l’art prend des allures de bloc opératoire. L’artiste plasticien qui expose depuis 1997 et s’est imposé progressivement sur la scène internationale, notamment en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Mais au-delà de la reconnaissance, c’est une démarche presque clinique qui définit son travail : Azankpo ne crée pas seulement, il opère.

C’est le vendredi 27 février 2026 que le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac TCHIAKPE s’est rendu dans l’atelier de l’artiste. Une visite hautement symbolique. Face aux œuvres, le membre du gouvernement a découvert un créateur profondément ancré dans son époque, conscient des tensions contemporaines et déterminé à faire de l’art un outil d’intervention sociale.

Dans son univers, les bassines émaillées, les métaux cabossés et les fragments de bois usagés deviennent des patients silencieux. L’artiste les recueille, les examine, les ausculte du regard avant de les conduire à son « bloc opératoire ». Là, muni de robustes fils de fer, il suture les plaies du monde. Chaque couture est précise, réfléchie, assumée. Pour lui, le hasard n’existe pas ; chaque entaille, chaque cicatrice, chaque tension du matériau répond à une nécessité.

À la manière d’un chirurgien, Tété Azankpo restaure, reconstruit, réunit. Ses œuvres matérialisent les déchirures sociales, les fractures humaines, les inégalités persistantes. Puis, par le geste artistique, il propose la réunification. L’unité n’est pas chez lui un simple idéal conceptuel ; elle est une structure à préserver, un organisme vivant qu’il faut protéger contre la dislocation.

L’échange entre les deux personnalités a permis de mettre en lumière la portée philosophique et sociétale du travail d’Azankpo. Comme un médecin engagé, il ne se contente pas de diagnostiquer les maux : il agit. Il transforme les rebuts en symboles d’immortalité, donnant une seconde vie à des matériaux voués à l’oubli. Cette résurrection plastique devient un manifeste contre le gaspillage, mais aussi contre l’exclusion.

Confiant et résolument tourné vers l’action, Tété Azankpo entend rendre son art immédiatement opérationnel, capable d’ouvrir des pistes de réflexion et de provoquer un sursaut collectif. À travers ses œuvres, il propose un traitement : celui de la conscience, de la responsabilité et de la cohésion.

En quittant l’atelier, le Ministre n’a pas seulement visité un artiste ; il a rencontré un praticien de l’âme sociale, un chirurgien des fractures invisibles. Et dans ce dialogue entre art et politique culturelle, une certitude s’impose : certaines œuvres ne décorent pas le monde, elles le soignent.

Avec le Ministère du Tourisme, de la culture et des arts.

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