Dans son rapport annuel 2024, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) indique que l’indice de développement de genre du Togo s’établit à 0,865. Derrière cette donnée technique se dessine une réalité aux implications profondes pour la trajectoire économique et sociale du pays.
L’indice de développement de genre ne se limite pas à une comparaison statistique entre hommes et femmes. Il mesure les écarts en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie, trois piliers fondamentaux du développement humain.
Un indice de 0,865 signifie que certaines disparités subsistent entre les sexes, même si des progrès sont perceptibles grâce aux efforts continus du gouvernement pour protéger les femmes et renforcer leur autonomisation au sein de la société.
Plus l’indice se rapproche de 1, plus les écarts se réduisent. En se situant à ce niveau, le Togo s’inscrit dans une dynamique encourageante, qui appelle toutefois à la consolidation des acquis et à l’accélération des réformes en faveur de l’égalité des chances.
Pouvoir économique
Sur le plan économique, la réduction des inégalités de genre constitue un puissant levier de croissance. Lorsque les femmes accèdent pleinement à l’éducation, au financement, à la propriété et aux opportunités professionnelles, c’est l’ensemble du tissu productif qui se renforce. Par exemple, le Fonds national de la finance inclusive a accordé à ce jour plus de 117 milliards de francs à environ 1,95 million de personnes, dont une majorité de femmes.
L’inclusion économique des femmes stimule l’innovation, élargit la base fiscale et améliore la résilience des ménages face aux chocs. À l’inverse, les disparités persistantes, plus prononcées dans d’autres pays, constituent un frein silencieux à leur développement.
En matière d’éducation, l’indice met en lumière l’importance de garantir aux filles un parcours scolaire complet et de qualité. Au Togo, le taux brut de scolarisation au primaire est très élevé, dépassant 95 %, voire 100 % selon les estimations, avec une forte parité filles-garçons, signe d’une priorité accordée à l’instruction des jeunes filles.
Santé et bien-être familial
L’éducation des jeunes filles est liée à une baisse de la mortalité infantile, à une amélioration de la santé familiale et à une participation accrue à la vie publique.
Ainsi, chaque année supplémentaire de scolarisation représente un investissement direct dans le capital humain national. L’accès aux soins et la santé reproductive demeurent également des dimensions cruciales. L’amélioration de ces indicateurs contribue à renforcer l’autonomie des femmes et à stabiliser la croissance démographique.
Le développement humain repose sur des équilibres subtils où la santé, l’éducation et le revenu se répondent et se renforcent mutuellement.
Sur le plan institutionnel, un indice de 0,865 invite à approfondir les politiques d’égalité. Cela implique une meilleure représentation des femmes dans les instances décisionnelles, un domaine dans lequel le pays enregistre des avancées notables. Pour la première fois dans l’histoire nationale, des femmes ont accédé à des fonctions majeures, notamment à la tête de l’Assemblée nationale, du gouvernement et de l’administration fiscale et douanière (OTR), sans oublier le nombre croissant de femmes ministres au sein de l’exécutif.
L’indice de développement de genre de 0,865 constitue à la fois un indicateur de progrès et un appel à poursuivre l’action. Il rappelle que le développement ne se mesure pas uniquement à la croissance économique, mais à la capacité d’une société à offrir à chacun, indépendamment du sexe, les mêmes opportunités d’épanouissement et de contribution.




