
La 27ème Session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO s’est officiellement ouverte le 24 avril 2026 à Freetown, en Sierra Leone, réunissant les ministres de la Santé des États membres, des responsables gouvernementaux, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts régionaux de la santé, afin de faire progresser une réponse coordonnée vers l’élimination du paludisme.

Organisée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), en collaboration avec le Ministère de la Santé de la Sierra Leone, cette réunion de haut niveau de deux jours se tient sous le thème « Élimination du paludisme dans l’espace CEDEAO : une approche régionale intégrée » et vise à renforcer l’action collective face à l’un des défis de santé publique les plus pressants de la région.
L’événement a été officiellement inauguré par le Président de la République de Sierra Leone, Son Excellence Julius Maada Bio, Président en exercice de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, représenté par le Ministre en chef, David Moinina Sengeh. Dans son allocution, il a souligné l’importance stratégique de l’Assemblée en tant que plateforme pour une action régionale décisive, notant que la santé des populations demeure un indicateur clé de la capacité des gouvernements à assumer leurs responsabilités fondamentales. Il a appelé à des résultats concrets et mesurables ainsi qu’à une accélération de la transition du contrôle vers l’élimination du paludisme grâce à des systèmes de santé plus solides, innovants et axés sur les données, avant de déclarer officiellement la session ouverte.
Dans son discours de bienvenue, le Ministre de la Santé de la Sierra Leone et Président de la 27ᵉ Session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO, Dr Austin Demby, a mis en avant le renouvellement de l’engagement politique de la région à placer la santé au cœur du développement durable. Il a insisté sur l’urgence d’intensifier les efforts d’élimination du paludisme dans un contexte marqué par le ralentissement des progrès mondiaux depuis 2015, la baisse des financements extérieurs et l’impact croissant du changement climatique sur les dynamiques de transmission. Il a appelé à un renforcement des investissements domestiques, à l’innovation et à la transformation des systèmes de santé en plateformes plus résilientes et efficaces.
Dans son intervention, le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, a souligné qu’aucun pays ne peut éliminer le paludisme isolément. Il a plaidé pour une approche régionale coordonnée, fondée sur la solidarité, l’harmonisation des interventions et le renforcement du partage des données et des ressources. Tout en reconnaissant les progrès réalisés, notamment la certification du Cabo Verde comme pays exempt de paludisme, il a averti que le maintien de ces acquis nécessite un engagement politique accru, une rigueur technique renforcée et un financement domestique durable.
Il a également présenté le cadre stratégique régional pour l’élimination du paludisme, qui met l’accent sur le renforcement de la gouvernance sanitaire, la transformation numérique, l’utilisation efficace des données, l’innovation locale et l’engagement communautaire. Il a réaffirmé l’ambition d’éliminer le paludisme dans toute la région de la CEDEAO au cours de la prochaine décennie.
S’exprimant au nom des partenaires techniques et financiers, M. Dionké Fofana a réitéré leur soutien continu au renforcement des systèmes de santé dans la région. Il a souligné le rôle de l’Assemblée dans la définition de priorités communes et a appelé à intensifier les efforts régionaux à travers des approches intégrées axées sur le financement domestique, l’innovation, la prise de décision fondée sur les données et une plus grande implication du secteur privé. Il a également rendu hommage au Directeur général de l’OOAS, saluant son leadership et les progrès accomplis durant son mandat malgré les défis persistants.
L’Assemblée devrait examiner le rapport annuel 2025 de l’OOAS, adopter le cadre régional pour l’élimination du paludisme, envisager l’adoption de la Charte de Freetown et traiter des priorités stratégiques clés, notamment le renforcement du financement domestique de la santé, l’alignement sur les normes internationales relatives à l’allaitement maternel exclusif et l’intégration de la santé dans les stratégies d’adaptation au changement climatique.




