
Engagé pour une politique de transparence, l’animateur star de Victoire FM passe de l’observation à l’action. Il s’est engagé dans la course pour les élections municipales du 17 juillet prochain, dans la Commune Golfe 7.
Son voix résonne dans les foyers togolais depuis plus de quinze ans. Gildas Kodjo Adjakoto, journaliste chevronné et voix incontournable de Victoire FM, a fait un choix décisif qui a surpris plus d’un : briguer un siège à la mairie de Golfe 7 sous la bannière de l’UJADIS, une ONG engagée dans l’éducation et le développement local. Mais derrière cette décision, loin d’être un coup de tête, se cache une frustration nourrie pendant des années et une volonté farouche de changer la donne.
Assis dans les studios de sa radio, micro en main, Gildas Adjakoto a passé des années à interroger maires et élus locaux. Aujourd’hui, c’est lui qui se présente devant les électeurs. Pourquoi ce revirement ? La réponse fuse, sans détour : « J’en ai assez de regarder les choses se dégrader en silence ».
« Après les municipales de 2019, j’ai cru à la décentralisation. Mais ce que nous avons vu, ce sont des querelles de pouvoir, des maires qui agissent en monarques et des adjoints réduits au silence. Résultat ? Aucun projet structurant, aucune communication avec les citoyens, et des finances opaques », dénonce-t-il.
Son constat est sans appel : les mairies se sont transformées en simples guichets administratifs, cantonnées aux légalisations de documents et aux cérémonies de mariage. « Où sont les projets éducatifs ? Les actions pour l’environnement ? La participation citoyenne ? », s’indigne-t-il.
« Si tu critiques, assume et agis » : le credo d’Adjakoto
Son engagement n’est pas né d’une ambition personnelle, mais d’une logique implacable : « Un journaliste qui passe sa vie à donner des conseils aux dirigeants doit, un jour, montrer qu’il peut faire mieux ».
Sur la liste indépendante UJADIS, où il figure en 5ᵉ position, il mise sur trois priorités :
Transparence absolue : « Les comptes de la mairie doivent être publics. Les citoyens ont le droit de savoir où va leur argent ».
Communication participative : « Nous instaurerons des réunions trimestrielles avec les habitants et des comptes rendus accessibles à tous ».

Développement local concret : « L’UJADIS a l’expérience du terrain. Nous lancerons des projets éducatifs et environnementaux, pas des promesses en l’air ».
« Beaucoup me demandent pourquoi je quitte les médias. Mais je ne les quitte pas : je veux juste appliquer ce que j’ai toujours défendu », explique-t-il.
Dans les rues de Golfe 7, son profil séduit. « Il a l’habitude de parler vrai. Pour une fois, on aura quelqu’un qui sait écouter », confie un de ses admirateurs. Reste à convaincre les plus sceptiques, habitués aux déceptions politiques.
Le 17 juillet, Gildas Adjakoto ne sera plus derrière le micro. Mais peut-être devant une nouvelle histoire à écrire.
« Je ne promets pas la lune. Juste une mairie honnête, à l’écoute. Si on échoue, les citoyens nous vireront en 2030. C’est ça, la démocratie ».
Un discours qui, en soi, est déjà une révolution.
Avec afrikdepeche.tg




