
Le 24 janvier 2025, une décision signée par Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), a acté l’exclusion de sept membres du parti, parmi lesquels Robert Olympio, figure notable de cette formation politique. Leur faute ? Avoir choisi de participer aux élections sénatoriales, en dépit de la décision officielle du parti de boycotter ce scrutin. Le représentant de l’ANC à la CENI, qui avait refusé de démissionner comme exigé par le parti, a également été écarté. Ces exclusions interviennent après celle de Ouro-Akpo Tchagnao et 3 autres militants exclus en 2023, du maire de Golfe 1, Gomado Komi, devenu ministre, un départ qui avait déjà secoué les rangs de la formation politique.
Il faut reconnaître que l’ANC n’a fait qu’appliquer ses propres statuts et règlements. En politique, la discipline de parti est importante, et tout manquement peut être interprété comme une atteinte à la cohésion interne. En excluant ces membres, Jean-Pierre Fabre et son équipe réaffirment leur attachement à la ligne directrice du parti et à ses valeurs fondamentales. Cette posture de fermeté traduit un souci de préserver l’intégrité de l’ANC face à toute tentative de divergence interne.
Cependant, on ne peut ignorer que ces départs, aussi justifiés soient-ils, fragilisent le parti. Chaque exclusion crée une brèche dans le tissu déjà mis à rude épreuve de cette formation politique, qui se veut pourtant un acteur clé de l’opposition togolaise.
Ces exclusions successives interrogent : y aurait-il un malaise plus profond au sein de l’ANC ? Ces désaccords reflètent-ils simplement des divergences d’approche ou cachent-ils une crise de gouvernance et de communication ? Le cas récent de Robert Olympio et de ses camarades pourrait être symptomatique d’un besoin urgent de repenser les mécanismes de dialogue interne au sein du parti.
D’ailleurs, ces départs pourraient laisser un goût amer non seulement à la base militante, mais aussi à l’opinion publique, qui voit dans ces divisions répétées un signe de faiblesse. Si l’ANC aspire à rester un acteur de premier plan sur l’échiquier politique national, elle devra impérativement se poser les bonnes questions. Comment éviter ces fractures à répétition ? Comment renforcer l’unité tout en permettant des débats constructifs en interne ?
En politique, la survie et l’efficacité d’un parti dépendent de sa capacité à s’adapter et à évoluer avec les défis du moment. L’ANC a tout intérêt à tirer les leçons de ces exclusions pour réaffirmer sa place sur la scène politique togolaise. Peut-être est-il temps de repenser ses structures, de redéfinir ses stratégies et de renouer avec sa base pour reconstruire une unité solide.
Pour l’heure, ces exclusions fragilisent davantage une opposition qui peine déjà à s’imposer face aux enjeux du moment. Reste à savoir si l’ANC saura transformer cette crise en une opportunité pour se réinventer. Le défi est grand, mais le temps presse.




