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Togo : Gestion des ressources naturelles, cet impératif de résilience

À l’heure où les équilibres écologiques se fragilisent, la gestion durable des ressources naturelles s’impose comme une exigence stratégique pour les États soucieux de préserver leur avenir. Terre, eau, forêts, biodiversité, ces richesses ne sont pas inépuisables. Leur exploitation raisonnée conditionne la stabilité économique, la cohésion sociale et la sécurité alimentaire des populations.

Les changements climatiques accentuent la pression sur les ressources. Variabilité accrue des précipitations, élévation des températures, phénomènes météorologiques extrêmes : ce sont autant de facteurs qui perturbent les cycles agricoles, fragilisent les écosystèmes et exposent les communautés à des catastrophes plus fréquentes et plus intenses.

Inondations, sécheresses et érosions côtières ne sont plus des événements isolés, mais des manifestations d’une vulnérabilité croissante. Au Togo, les conséquences négatives sont limitées grâce à une gestion durable relevant d’un choix idéologique et pragmatique.

Le pays est orienté vers une planification intégrée, où l’exploitation économique des ressources s’accompagne de mécanismes de protection et de régénération. La reforestation, la lutte contre la dégradation des sols et la promotion d’une agriculture climato-intelligente figurent parmi les leviers prioritaires, avec des partenaires comme le Pnud qui interviennent.

Restauration de paysage

Dans le rapport 2024 du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), il est indiqué que 12 000 hectares de paysage ont été restaurés dans les régions de la Kara et des Savanes, contribuant ainsi à l’amélioration du couvert végétal du pays.

Le Togo dispose d’un budget vert et d’un schéma national d’analyse et de couverture des risques grâce aux contributions et à l’accompagnement du Pnud. La restauration du couvert forestier renforce les services écosystémiques, la protection du sol favorisant une production agricole de qualité et la lutte contre les vents violents.

Aussi, le bilan fait état de 2 450 personnes riveraines des aires protégées ou forêts qui ont pu acquérir des connaissances sur les bonnes pratiques de reboisement et d’entretien des plantations, et contribuent aux activités de gestion durable des forêts.

Par ailleurs, 1 500 femmes transformatrices de manioc dans la région Maritime ont vu leurs conditions de travail et leurs revenus s’améliorer grâce à l’appui du Pnud. L’organisme onusien a permis la construction de torréfacteurs modernes économes en bois-énergie dans trois localités de la préfecture de Vo, réduisant la pénibilité des activités économiques.

Autre chiffre positif : 2 000 ménages dirigés par des femmes avaient, au moment du rapport, accès à l’éclairage grâce à des lampes solaires dans des villages situés dans les préfectures des Lacs, de Tchamba, d’Oti et de Tône.

Mot d’ordre : résilience

La résilience constitue un pilier de cette démarche. Être résilient, c’est anticiper les chocs, réduire les risques et renforcer la capacité d’adaptation des communautés. Les systèmes d’alerte précoce, l’aménagement du territoire, la construction d’infrastructures adaptées aux aléas climatiques et la diversification des sources de revenus contribuent à limiter les pertes humaines et matérielles.

La dimension sociale de la résilience est essentielle. Les populations rurales, souvent dépendantes des ressources naturelles, sont en première ligne face aux dérèglements climatiques. Les accompagner par la formation, l’accès au financement vert et la diffusion de pratiques durables permet de transformer la vulnérabilité en capacité d’innovation.

La mutation est donc rapide, et la capacité du Togo à protéger et à valoriser durablement son patrimoine naturel l’est aussi.

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