
La sécurité, au-delà de consister en une présence dissuasive ou en une réponse ponctuelle aux menaces, prend une dynamique de proximité, où les forces de défense et de sécurité cultivent un lien constant avec les populations afin de consolider la paix sociale et la protection du territoire. C’est le secret d’un Togo qui opte pour zéro violence.
Dans le contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, l’approche communautaire apparaît comme une réponse stratégique. La proximité permet d’instaurer un climat de confiance, d’encourager la remontée d’informations et de prévenir les risques avant qu’ils ne se transforment en crises ouvertes.
La sécurité devient ainsi un effort partagé, fondé sur la collaboration entre citoyens et institutions. Sur le terrain, cette orientation se traduit par des patrouilles régulières dans les quartiers, des rencontres avec les autorités locales, des échanges avec les chefs traditionnels et les leaders communautaires. L’écoute active des préoccupations quotidiennes renforce la capacité d’anticipation des forces de sécurité et favorise une gestion apaisée des tensions.
La dimension préventive occupe une place centrale. Sensibilisation des jeunes, médiation lors de conflits communautaires, encadrement d’événements publics : autant d’actions qui participent à la consolidation du vivre ensemble. La proximité ne signifie pas seulement présence physique, mais disponibilité et dialogue.
Forces de l’ordre et civils coude à coude
En phase avec la réalité selon laquelle le renforcement du dialogue entre les forces de sécurité et les communautés est utile pour apporter une réponse durable aux défis sécuritaires, 6 000 personnes de la préfecture de Kpendjal ont bénéficié de consultations et de soins médicaux gratuits réalisés par les forces de défense et de sécurité avec l’appui du Pnud, selon le rapport 2024 de cette agence de l’Organisation des Nations unies (Onu).
Il s’agit d’une action qui a renforcé la confiance et rassuré les communautés, qui collaborent désormais plus ouvertement avec les corps habillés dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent. Ces communautés savent qu’elles peuvent maintenant compter sur le dispositif efficace mis en place par l’État, notamment le renforcement des capacités du système d’alerte précoce du Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (Ciplev).
Selon le même rapport, 2 739 membres (dont 493 femmes représentant 18 %) des Ciplev ont été renforcés en matière d’alerte précoce et de réponse rapide. Ils sont aujourd’hui des relais auprès de leurs communautés respectives.
Aussi, les capacités de 3 000 chauffeurs de taxi-moto et de 72 comités locaux de prévention, les mécanismes d’alerte précoce et la lutte contre la désinformation ont été renforcés dans la région des Savanes. Dans la même région, le Purs, programme d’urgence très utile pour lutter contre les vulnérabilités que pourraient exploiter les ennemis de la paix, a permis, entre 2021 et 2023, de renforcer les infrastructures : électricité (couverture passée de 29 % à 42 %, 15 000 foyers raccordés), eau (80 000 personnes de plus desservies, 73,5 % de taux de couverture rurale) et agriculture (1 000 ha aménagés, 21 000 tonnes d’engrais).
Pour les populations, cette approche contribue à réduire le sentiment d’insécurité et à renforcer la confiance envers les institutions. Lorsque les forces de sécurité sont perçues comme accessibles et attentives, la coopération s’intensifie. Les signalements deviennent plus spontanés, les initiatives communautaires de veille s’organisent et la vigilance collective se structure. La modernisation des moyens logistiques et technologiques accompagne également cette stratégie. Une meilleure mobilité, des équipements adaptés et des systèmes de communication efficaces permettent d’intervenir rapidement tout en maintenant un maillage territorial cohérent. La protection des zones sensibles et des frontières s’articule ainsi avec la sécurisation des espaces urbains et ruraux.
Au-delà de la dimension opérationnelle, la formation continue des agents joue un rôle déterminant. La maîtrise des techniques d’intervention, le respect des droits humains et la gestion professionnelle des situations délicates renforcent la crédibilité des forces engagées sur le terrain. La sécurité durable repose autant sur la compétence que sur l’éthique.
En consolidant la proximité, le Togo affirme une vision inclusive de la sécurité. Il ne s’agit pas d’opposer autorité et population, mais de bâtir une relation fondée sur la responsabilité partagée. Chaque citoyen devient acteur de la stabilité nationale, chaque agent de sécurité devient un interlocuteur de confiance.
Ainsi se dessine un modèle où la protection du territoire s’enracine dans la cohésion sociale. La sécurité de proximité apparaît comme un pilier essentiel d’un développement harmonieux, car sans paix ni confiance, aucune prospérité durable ne peut s’installer.




