
Au Togo, la lutte contre le paludisme se poursuit sans relâche. Ainsi, avec l’appui financier de l’OMS, de l’UNICEF, de GAVI et autres, le Togo va introduire le vaccin antipaludique dans son Programme élargi de vaccination (PEV) de routine. Le choix a été porté sur le vaccin R21/Matrix-M par le pays pour mener cette opération débutée depuis le 1er septembre 2025 en faveur des enfants à partir de 5 mois, sur toute l’étendue du territoire national. C’est ce qu’ont annoncé les parties prenantes aux professionnels des médias le mardi 2 septembre au ministère de la Santé et de l’hygiène publique à Lomé.
Le vaccin antipaludique, R12/Matrix-M est administré en 4 doses pour les enfants. Dans le détail, la 1ère dose est administrée à l’âge de 5 mois, la 2ème dose à l’âge de 6 mois, la 3ème dose à l’âge 7 mois et la 4ème dose qui est la dose booster à l’âge de 15 mois.
Dans les formations sanitaires au Togo, le paludisme représente 40% des consultations externes et 25% de toutes les admissions à l’hôpital. Selon le rapport 2024 du programme National de Lutte contre le Paludisme, le Togo a enregistré en 2024, 2 182 671 cas de paludisme parmi lesquels 993 décès dont 70% d’enfants de moins de 05 ans.
En introduisant le vaccin contre le paludisme dans tous les centres de santé dont le lancement officiel de la campagne est prévue le 4 septembre à Sokodé dans la région Centrale, le Togo veut atteindre une couverture vaccinale d’au moins 80% pour la première dose ; une couverture vaccinale d’au moins 70% pour la 4ème dose et détecter et gérer tous les cas de rumeurs et prévenir les crises.

Selon les informations, le vaccin antipaludique peut être administré au même moment que les autres vaccins du PEV et avec les autres interventions de santé.
Pour cette campagne, 325 800 doses de vaccin ont été mises à disposition du pays pour couvrir les besoins jusqu’à la fin de l’année, pour un investissement estimé à 1,354 million de dollars.
Au Togo, la situation épidémiologique spécifique aux enfants de moins de 5 ans montre que ces derniers occupent un tiers des cas de paludisme, notamment :
-34% en 2021 et 32% en 2023,
-53% des cas de paludisme grave hospitalisés en 2022
– deux tiers des décès liés au paludisme dont le taux est de 64% en 2021 et 65,8 % en 2023.
Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, l’adoption de nouveaux outils de lutte contre le paludisme « pourrait accélérer la réduction de la morbidité et de la mortalité dues à cette maladie ».
Selon Hilaire Ouédraogo, représentant de l’OMS-Togo, le vaccin contre le paludisme, particulièrement celui adopté par le Togo, R21/Matrix-M, « est sûr, dont l’efficacité et l’innocuité ont été démontrées par diverses études qui ont suivi le processus normal du développement d’un vaccin ».
Pour le Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Docteur Kokou WOTOBE, le vaccin contre le paludisme ne remplace pas les autres mesures contre le paludisme, mais vient renforcer leur arsenal de lutte en complément des moustiquaires imprégnées d’insecticides, de la chimio-prévention. Il reste convaincu que ce vaccin contribuera « à sauver de nombreuses vies » et « à réduire considérablement l’impact socio-économique de cette maladie sur nos familles chez nous et nos communautés ».
« Comme tous les vaccins, le vaccin contre le paludisme est sûr, efficace et sera administré gratuitement aux enfants dans les centres de santé public et privé du Togo », a rassuré Dr Kokou WOTOBE.
A l’occasion, il a encouragé les parents de faire vacciner leurs enfants de 5 mois d’âge pour les protéger contre le paludisme.
Par ailleurs, avec cette introduction, le Togo est le 22 pays africains sur la liste des pays qui ont adoptés la vaccination contre le paludisme.
L’OMS estime que l’introduction du vaccin pour les jeunes enfants devrait permettre de réduire d’au moins 13 % la mortalité infantile due au paludisme.
Pour rappel, le vaccin contre le paludisme a été introduit déjà dans 20 pays depuis 2024 (Ghana, Kénya, Malawi, Cameroun, Burkina Faso, Sierra Leone, Bénin, Libéria, Côte d’Ivoire, Soudan du Sud, Mozambique, République centrafricaine, Niger, Tchad, République démocratique du Congo, Soudan, Nigéria, Mali, Guinée……).




