
Donner la vie au Togo ne rime plus avec le danger. Il n’est plus conditionné par les moyens financiers. À travers le programme national de gratuité des soins pour les femmes enceintes, l’État place la maternité parmi ses priorités. C’est une politique forte, humaine et structurante, qui transforme profondément le parcours de grossesse et redonne à la naissance toute sa valeur de promesse.
Avant l’instauration de la gratuité, le coût des consultations prénatales, des examens médicaux et de l’accouchement constituait un frein majeur pour de nombreuses femmes, en particulier en milieu rural ou dans les zones urbaines défavorisées. Désormais, la prise en charge des soins liés à la grossesse, à l’accouchement et au post-partum permet de lever cet obstacle.
En supprimant la barrière financière, le programme encourage les femmes enceintes à fréquenter régulièrement les centres de santé, à suivre les consultations recommandées et à accoucher dans des structures médicalisées. Ce simple changement de paradigme a un impact direct sur la réduction des complications et des décès maternels et néonatals.
Un vrai souffle de vie
C’est d’ailleurs ce que signifie « Wezou » en langue locale : le souffle de vie. Lancé en 2021, il avait déjà permis, à fin septembre 2024, d’enregistrer plus de 3,2 millions de prestations médicales. 633 426 femmes ont bénéficié du programme, avec 366 245 accouchements pris en charge, dont une partie de ce nombre par césarienne.
Durant l’année 2024, 93 % de femmes nécessitant une césarienne ont été prises en charge dans le cadre du projet. Aussi, 68 % des femmes enceintes ont reçu les 3 doses de traitement préventif intermittent (TPI) contre le paludisme.
Dès la confirmation de la grossesse, Wezou propose une prise en charge gratuite et systématique, couvrant l’ensemble des soins essentiels : consultations prénatales, accouchements, césariennes, soins postnataux, échographies, analyses biologiques comme le groupage rhésus, la NFS, etc.
Amélioration tangible de la santé maternelle et infantile
Les effets du programme se mesurent en vies protégées. Le suivi prénatal renforcé permet une détection plus précoce des risques liés à la grossesse, une meilleure prise en charge des pathologies et une orientation rapide vers des soins adaptés lorsque cela est nécessaire.
La gratuité favorise les accouchements assistés par du personnel qualifié, réduisant les pratiques à risque et améliorant les conditions sanitaires. Les nouveau-nés bénéficient ainsi d’un départ dans la vie plus sûr, tandis que les mères sortent de la maternité mieux suivies et mieux informées. Au-delà de l’impact sanitaire, la gratuité des soins pour les femmes enceintes constitue un puissant outil de justice sociale. Elle allège considérablement la charge financière des ménages, souvent confrontés à des dépenses imprévues au moment de la grossesse.
Dans un contexte où les ressources sont parfois limitées, cette politique protège les familles contre l’endettement et les renoncements aux soins. Elle garantit que la santé de la mère et de l’enfant ne dépend plus du niveau de revenu, mais d’un droit fondamental reconnu et assumé par la collectivité nationale.
Wezou s’inscrit dans le processus de mise en place d’une couverture sanitaire universelle. À la fin de l’année 2025, le gouvernement parle de « plusieurs milliers de femmes enceintes prises en charge dans le cadre du programme, depuis les consultations prénatales jusqu’à l’accouchement », incluant les soins postnataux essentiels.




