Le Festival Les Afropéennes 2026 à Lomé, au Togo est entré dans l’histoire. Il s’est tenu du 20 au 22 février 2026. La 4èmé édition du Festival a été clôturée par l’artiste Senzaa avec une prestation tout feu tout flamme à l’Institut Français du Togo. C’était en présence des autorités dont le ministre du tourisme, de la culture et des arts, Isaac TCHIAKPE, des artistes et autres.

La joie rayonnait sur le visage de Senzaa dès son entrée en scène. Son sourire satisfait, le ton inébranlable et la riche stabilité de sa voix ont immédiatement installé une atmosphère de confiance et de ferveur. Très vite, la profondeur du son, l’énergie parfaitement maîtrisée et son sens aigu de la mélodie ont enveloppé le public dans une chaleur communicative. Le concert s’est imposé comme un véritable moment de jubilation. Sur scène, l’artiste a tenu en haleine le public avec ses différentes chansons.
Vif, emballant, le spectacle a constamment vibré d’une dynamique généreuse. Les musiciens dialoguent avec finesse, se répondent avec une complicité évidente, dans un équilibre subtil entre précision et liberté. Mené tambour battant, le concert ne connaît aucun temps mort. La présence de feu de Senzaa électrise la scène, tout en mettant en valeur les musiciens de l’orchestre, auxquels elle offre de véritables espaces d’expression.

L’un des temps forts de la soirée fut l’interprétation de « Alogbalo », un titre puissant où Senzaa a déployé toute l’intensité de sa voix. Entre gravité et élévation, elle a su transmettre une émotion brute, portée par des modulations profondes et un engagement scénique saisissant. Le public, suspendu à chaque note, a accueilli la performance dans un silence admiratif avant une salve d’applaudissements nourris.
Avec « Avivor », l’atmosphère a pris une teinte plus lumineuse. La chanteuse y a exprimé une énergie vibrante, presque incandescente. Les échanges complices avec les musiciens ont donné à ce morceau une dimension vivante et organique. Sa voix, tour à tour douce et puissante, a su porter le message du titre avec authenticité.
Moment particulièrement émouvant, « Akpé Nawo » a touché le public en plein cœur. Dans une interprétation empreinte de gratitude et de profondeur, Senzaa a laissé parler la soul qui l’habite. Son timbre chaud, ses gestes ouverts et son regard tourné vers l’audience ont créé une connexion sincère, transformant la salle en un espace de partage et d’unité.
Senzaa s’inscrit dans la lignée des grandes voix noires issues de la tradition afro-américaine — blues, jazz, gospel, soul — marquées par une puissance émotionnelle intense et une technique vocale vibrante. Chez elle, l’émotion n’est jamais feinte : elle est incarnée. Sa capacité à transmettre la souffrance comme la joie touche au cœur. Son timbre, chaud et profond, impressionne par ses modulations intenses et sa souplesse. À certains moments, on pense à Aretha Franklin pour la majesté, à Whitney Houston pour la maîtrise technique, ou encore à Tina Turner pour l’énergie brute. Mais Senzaa ne se contente pas d’évoquer ces figures légendaires : elle affirme une identité singulière, nourrie de ces influences mais profondément personnelle.
Sa présence scénique dépasse la seule performance vocale. Par un langage corporel ouvert, une posture assurée et un ancrage solide, elle capte immédiatement l’attention. Son expression faciale épouse chaque nuance émotionnelle ; ses gestes prolongent le chant avec naturel. Elle regarde le public, interagit, crée un véritable échange. La scène devient alors un espace de partage, où l’authenticité prime sur l’effet.
Dans ces temps parfois anxiogènes, ce concert aura été un moment de grâce, précieux et profondément réconfortant. Une parenthèse lumineuse portée par une énergie débordante et une intensité sincère. Plus qu’un spectacle, une célébration vibrante de la musique vivante et du pouvoir fédérateur de la voix.
Avec le Ministère du tourisme, de la culture et des arts




