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Togo : Les dix grands chantiers du premier gouvernement de la Vème République

Devant le Congrès regroupant le Sénat et l’Assemblée nationale ce mardi 02 décembre 2025, à Lomé, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé a, dans un discours sur l’état de la Nation, dévoilé les dix (10) grands chantiers autour desquels, le gouvernement qu’il dirige, se concentrera.

Au Togo, la croissance, « bien que ralentie, reste solide », selon le Président du Conseil qui a rassuré que le cadre macroéconomique du pays « est sain ». Face à cette situation, Faure Gnassingbé lance un défi, celui de désormais « franchir un cap », d’abord en renforçant les infrastructures, ensuite en investissant dans les secteurs porteurs, agriculture, logistique, industrie verte, et enfin en misant sur l’innovation et le capital humain.

L’autre défi lancé par le Président du Conseil est de rendre l’économie togolaise « plus compétitive, plus inclusive et mieux préparée aux défis du XXIe siècle ». Selon lui, cela passe par la « transition numérique, la transformation agricole, l’industrialisation durable, l’adaptation climatique et la réforme de l’éducation et de la santé ». Pour ce faire, il a rassuré que son gouvernement concentrera ses efforts sur dix grands chantiers, avec un objectif central : améliorer concrètement la vie des populations.

Ces gr         ands chantiers sont entre autres : Éducation, santé, accès à l’eau, électricité, emploi des jeunes, sécurité alimentaire, inclusion financière, justice territoriale, transition écologique, digitalisation. « Chaque axe sera l’objet d’un pilotage resserré et d’une redevabilité renforcée », a souligné Faure Gnassingbé.

« Une République forte, c’est enfin une République qui n’abandonne personne. Il faut que l’équité territoriale aille de pair avec une équité sociale renforcée. Les femmes, les jeunes, les travailleurs informels, les personnes vivant avec un handicap, les familles rurales doivent toutes trouver leur place dans la République », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, il a rassuré que leurs politiques de protection sociale, d’appui à l’entreprenariat, de couverture maladie universelle et d’éducation inclusive iront dans ce sens. « L’inclusion ne sera pas un mot, mais une méthode », a-t-il promis.

« C’est là le cœur du contrat social que nous voulons rebâtir : un État plus proche, plus juste, plus protecteur. C’est pourquoi je tiens aussi à redire ma conviction qu’il n’y a pas de République forte sans justice », a poursuivi le Président du Conseil.

Par ailleurs, il a rassuré qu’ils poursuivront résolument la modernisation de leur système judiciaire. « Car moderniser la justice, c’est garantir à chaque citoyen un accès plus simple, une réponse plus rapide, une institution plus fiable. Pour cela, nous renforcerons les capacités humaines et institutionnelles de nos juridictions afin qu’elles puissent exercer pleinement leurs missions », a-t-il fait savoir.

Le Président du Conseil reste convaincu qu’une justice qui fonctionne, « c’est une justice qui inspire confiance aux justiciables, qui protège les droits, qui assure la prévisibilité des décisions. C’est aussi une justice qui crée les conditions d’une sécurité juridique solide. Elle est indispensable à l’investissement, à l’entreprenariat et au développement économique de notre pays ».

Au niveau de la justice, les réformes que le gouvernement conduit ne concernent ni les crimes de sang, ni les atteintes graves à l’intégrité physique ou à la vie. Pour ces actes, la rigueur restera la règle. Les mesures (grâce présidentielle accordée à des détenus dans son discours : ndlr) qu’il propose relève plutôt d’ « une exigence d’humanité, mais aussi du respect de nos engagements internationaux », selon Faure Gnassingbé.

« Nos établissements pénitentiaires doivent préserver la dignité humaine afin de permettre la réinsertion sociale des personnes qui recouvreront leur liberté. Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance. Elle se construit dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité », a-t-il insisté.

Le Président du Conseil, dans l’exécution de ses grands chantiers, a souligné que la modernisation de la justice s’accompagnera d’ « une lutte continue contre la corruption, d’une transparence accrue et d’un effort déterminé pour que chaque Togolais ait accès aux droits, quel que soit son lieu de résidence ou sa condition sociale ».

Pour lui, définir ces objectifs ne fait pas tout. Il faut aussi penser à la manière dont on va les atteindre.

« Si la République change, la méthode de gouvernance doit aussi changer »

Depuis le 06 mai 2024, le Togo a changé de régime politique en rentrant dans la Vème République.

« Si la République change, la méthode de gouvernance doit aussi changer. La gouvernance que je propose repose sur la clarté des engagements, la redevabilité et la responsabilité partagée. Il ne s’agit plus seulement d’annoncer, mais d’exécuter », a rappelé le Président du Conseil.

Ce mandat, selon le vœu de Faure Gnassingbé, est qu’il soit jugé « non sur ses intentions, mais sur ses résultats. Le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger sera un gouvernement d’action. Notre priorité sera l’efficacité ».

Explicitement, au cours de ce mandat, chaque ministre sera engagé sur des objectifs clairs, suivis, mesurés. Chaque projet doit avoir un calendrier, un budget, un responsable et un suivi. « Nous nous engageons sur des cibles vérifiables », a-t-il promis.

Mieux encore, Faure Gnassingbé a souligné « Et un tableau de bord du gouvernement permettra un pilotage rigoureux et une communication transparente avec vous, représentants du peuple. C’est ainsi que l’évaluation deviendra une culture et la performance un impératif ».

Mais au-delà des outils, a-t-il affirmé, c’est l’ « exigence d’exemplarité » qui guidera leur « action à tous ». « En ce qui nous concerne, les membres du gouvernement viendront devant cette Assemblée autant que nécessaire pour rendre compte, ajuster, corriger. Car c’est ainsi que se construit une République parlementaire, dans l’humilité du dialogue et la fermeté des engagements », a-t-il promis.

Gouvernance de résultats

Pour lui, gouverner le pays de façon moderne ne consiste pas à imposer, mais à convaincre. « L’heure est donc à une gouvernance de résultats, à une administration responsable et à un pilotage rigoureux ». Dans un contexte de ressources rares et de fortes attentes, le gouvernement doit cultiver « une discipline de gestion, une éthique du service public et une capacité à rendre des comptes », d’après le Président du Conseil.

Une République d’équilibre, une République d’avenir

Dans son discours sur l’état de la Nation, le Président du Conseil l’a clairement dit que, « cette nouvelle République est une République d’équilibre, une République d’avenir. C’est une République d’équilibre parce qu’elle repose désormais sur une répartition plus juste et plus fonctionnelle des pouvoirs entre l’Assemblée nationale, expression directe de la souveraineté populaire, le Sénat, chambre des collectivités territoriales, et le gouvernement, désormais responsable devant vous, les parlementaires. C’est un équilibre qui protège la démocratie, prévient l’abus de pouvoir et rend chacun d’entre nous responsable et comptable de ses actes devant le peuple ».

« C’est une République d’avenir parce qu’elle doit répondre aux défis de notre époque. La paix, l’inclusion, le développement durable, l’innovation, ces défis n’admettent plus les solutions du passé. Ils exigent de nouvelles institutions, une gouvernance rénovée et une capacité collective à agir », a-t-il justifié.

En partageant sa vision pour le Togo de demain avec les parlementaires, il a précisé que leur horizon ne s’arrête pas à la législature.

Au contraire, il « embrasse le destin d’un pays qui veut avancer sans laisser personne derrière ». Pour le Président du Conseil, la réforme de leurs institutions ne prend sens que si elle débouche sur un mieux-vivre pour nos concitoyens. « Ce que nous construisons ensemble, c’est une économie plus diversifiée, une agriculture modernisée, une industrie compétitive, un secteur numérique inclusif ».

« C’est une diplomatie qui rayonne, un Togo qui agit pour la paix, qui mobilise sa diaspora, qui s’intègre pleinement dans l’Afrique des solutions. C’est une administration qui se transforme, un État plus agile, plus accessible, plus proche. Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement une République plus forte, c’est une République plus juste ».

La Vème République, selon le Président du Conseil, ce n’est pas seulement une République mieux organisée, c’est une République qui tient ses promesses.

Donc, il a appelé le parlement à la « mobilisation ». Pour ce faire, il a proposé  aux parlementaires, « un pacte, un pacte de loyauté envers la République, de solidarité envers nos concitoyens, de rigueur dans l’action ».

 

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