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Secteurs bancaire et d’assurance au Togo : les employés remontés contre un problème d’équité, de justice sociale et procédurale qui se pose dans leur corporation

En Assemblée Générale le samedi 16 Août 2025 au siège du Syndicat des Employés et Cadres des Banques, des Etablissements Financiers et des Assurances du Togo (SYNBANK-Togo) à Lomé, les membres dudit syndicat et ceux du Syndicat des Employés et Cadres des Assurances du Togo (SYNASSUR) sont remontés contre problème d’équité, de justice sociale et procédurale qui se pose dans leur corporation. Tout ceci, en violation fragrante des dispositions légales nationales et internationales en vigueur. Face à cette situation inquiétante, lors de l’AG, les employés et cadres des banques et assurances ont discuté de deux points essentiels. Au premier point, « analyse et prise de décision définitive sur les augmentations de salaire et l’utilisation de la masse salariale comme motif de licenciement économique dans notre corporation » ; « prise de décision définitive sur le dossier SUNU Bank Togo et le dossier du Camarade Délégué du personnel d’Ecobank Togo ».

Malgré les dispositions légales en vigueur, notamment dans la convention C095 de l’OIT ou le Code du Travail du Togo, qui encadrent la fixation des salaires, les deux formations syndicales, SYNBANK Togo et SYNASSUR constatent toujours dans leurs Institutions que « pour le même poste et pour un travail à valeur égale, les salaires vont du simple au double et parfois au triple ». Pire encore, à l’inverse, « certains travailleurs occupant des emplois inférieurs dans l’échelle hiérarchique des postes bénéficient des salaires supérieurs que des travailleurs occupant des emplois supérieurs ».

Par ailleurs, pour les banques spécifiquement, a précisé Awoula Yati BABA, SG du SYNBANK Togo, c’est une obligation suivant l’article 23 de la Circulaire N°01-2017/C/CB relative à la gouvernance des Etablissements de crédits et des Compagnies financières de l’UMOA d’instituer une politique de rémunération pour les administrateurs, les membres de l’organe exécutif et les cadres supérieurs pour pérenniser l’exploitation de nos Institutions.

« Pour cette catégorie de personnel, on constate non seulement une exagération dans la fixation des salaires dont la moyenne mensuelle est de dix millions (10 000 000) de francs CFA par mois au Togo et dans notre corporation alors que les salaires les plus bas tournent autour de deux cent mille (200 000) francs CFA », a-t-il déploré.

Selon le SG, le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas est de cinquante (50) fois alors que la norme en gestion de politique de rémunération est de vingt (20) fois. Il se pose alors un problème d’équité, de justice sociale et procédurale dans notre corporation.

« Pour les cadres supérieurs dont la rémunération mensuelle est supérieure à 10 millions de francs CFA, les loyers, les factures d’électricité, d’eau, de téléphone, de gaz, les frais de restauration et les frais de scolarité de leurs enfants, les frais de transport pour les congés annuels sont à la charge des entreprises », ont révélé les deux syndicats dans leur déclaration.

La situation de SUNU Bank et Ecobank Togo

Le second point inscrit à l’ordre du jour de l’AG concerne deux Institutions. Il s’agit de SUNU Bank Togo et Ecobank Togo pour une affaire concernant un délégué du personnel.

En ce qui concerne SUNU Bank Togo, l’exposé présenté à l’Assemblée Générale porte sur deux sujets notamment le licenciement qualifié de motif économique et les décisions ayant pour objet de soumettre les travailleurs à un traitement dégradant et porter atteinte à leur dignité.

S’agissant de la situation économique, les deux syndicats estiment qu’elle est « totalement imputable aux dirigeants de cette institution selon le contenu du rapport de la Commission Bancaire de l’UMOA restitué aux cadres de la Banque ». Dans ce rapport, ont-ils précisé, il est affirmé que la « masse salariale n’a jamais dépassé le montant inscrit au budget et validé par le Conseil d’Administration de la banque ».

« Par ailleurs, il a été révélé que le modèle économique implémenté à SUNU Bank Togo n’est pas viable. Cette affirmation est confirmée par le rapport de Gestion à l’Assemblée Générale Ordinaire du 23 Janvier 2025 où il est clairement mentionné dans celui-ci que les crédits douteux et litigieux ont connu une augmentation de 230% entre 2023 et 2024. Le taux d’augmentation des créances douteuses et litigieuses de l’exercice 2025 sera largement supérieur à celui de 2024 », a souligné la déclaration liminaire de l’AG du 16 août 2025.

A l’occasion, le SG Awoula Yati BABA a fait savoir que le rapport provisoire de la Commission Bancaire de l’UMOA et notamment la partie concernant la masse salariale n’a pas été portée à la connaissance des représentants du personnel qui avaient contesté le motif de licenciement basé essentiellement sur la masse salariale.

« Cette manière non transparente conforte la position des représentants des travailleurs que la masse salariale, malgré sa gestion partisane par l’employeur, n’est pas la cause de la difficulté économique actuelle de la Banque », a-t-il précisé.

Par ailleurs, sur le deuxième point relatif au harcèlement moral, psychologique, intimidation et traitements dégradants, le Président du Conseil d’Administration et l’ancien Directeur Général d’après des informations des formations syndicales, ont mis en place un « processus de destruction de la carrière professionnelle de la quasi-totalité des cadres supérieurs et des employés de la Banque exactement comme le cas de France Télécom dans les années 2012 et 2014 ».

« Sur ce sujet, une correspondance de signalement des cas concrets de discrimination, d’harcèlement, d’intimidation a été adressée au Président du Conseil d’Administration le 26 Mai 2025 et aucune preuve contraire n’a été apportée à ce jour. Signalons que les syndicats sont saisis d’un nouveau cas d’harcèlement en date du 14 Août 2025 », a témoigné le SG du SYNBANK Togo.

Pour preuve, « tous les cadres compétents ont été relevés de leur poste au profit des recrutements par affinités ».

Contre toute attente, « ces nouvelles recrues ont accordé des crédits en violation de la déontologie bancaire et ceux-ci sont actuellement en souffrance comme évoqué ci-dessus ».

M. BABA a souligné que le personnel « subit régulièrement des menaces, intimidations et harcèlements et traitements dégradants ayant entraîné l’augmentation des cas d’hypertension et des décès »:

Le dossier Ecobank Togo

Sur le dossier d’Ecobank Togo, le SG du SYNBANK et ses camarades constatent que les dirigeants veulent remettre en cause la « réputation de cette Banque Panafricaine ». Lors des discussions sur le dossier, ils ont sollicité « une audience auprès de la Direction Générale en date du 02 Juin 2025 et celle-ci n’a jamais répondu à cette demande d’audience ».

Spécifiquement, dans ce dossier, « il s’agit d’un client qui a saisi la Direction Générale d’Ecobank Togo sur une plainte portée contre son salarié. Dans celle-ci, le client n’a en aucun cas incriminé Ecobank Togo sur les différends qui l’opposent au Camarade ».

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